Critique
Beyrouth 1975-1979 : une petite fille observe et raconte la naissance d’un conflit qui va ravager le Liban et la Babylone qui l’a vue naître.
« Dans ce livre il y a Beyrouth, en feu, en flammes, en étincelles, en explosions, dans le noir absolu, il y a Beyrouth qui brille. Il y a moi et mon petit frère, il y a des miliciens et des miliciennes… Il y a le magasin de mon grand-père et le foulard en soie de ma grand-mère, la Nivéa de ma nounou et le Petzi de Walid. Il y a des cinémas en feu, le Roxy, le Radio City, le Dunia, l’Empire, le Rivoli, et des hôtels en flammes, le Palm Beach, le Vendôme, le St Georges, le Phoenicia, l’Alcazar. Dans ce livre, il y a des chewing gums et des kalachnikov, des bonbons, des chocolats, des barbe-à-papas, il y a des bazookas, des M16, des mortiers, des obus, des missiles, des grenades… »
C’est la guerre du Liban en guerre vu par des yeux d’enfant. Le conflit a ravagé le pays de 1975 à 1979. Il a opposé les forces en présence de toute confession et les chefs de guerre: chrétiens, miliciens, phalangistes, druzes, etc.
La jeune fille assiste sans comprendre aux exactions militaires : batailles, assassinats, incendies. Dans ce contexte terrible, l’enfant grandit, joue, évolue avec une relative insouciance, protégée par des membres de sa famille. Les dessins dont les traits et couleurs sont volontairement naifs, participent au récit enfantin.
Livre témoignage décalé, intéressant qu’on lit volontiers par curiosité pour découvrir un aspect méconnu de la guerre du Liban : la vie d’un enfant décrite de l’intérieur au plus près de la réalité, dans un contexte conflictuel.




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