Critique
Le livre aurait pu s’intituler « Métamorphoses », tant il s’agit de changements successifs qui vont opérer une transformation profonde de l’individu, sur le plan mental, physique et social. Changer est possible en l’occurrence grâce au rôle prépondérant que les femmes jouent dans sa destinée – excepté sa propre mère. C’est une professeure de lycée qui anime un atelier théâtre, une bibliothécaire accueillante, une amie indéfectible, une directrice de théâtre… toutes interviennent favorablement la métamorphose du jeune homme.
En ce sens, le récit est un peu l’histoire d’un véritable Rastignac qui grimpe les échelons et monte à Paris grâce à l’intervention des femmes. Par la suite, un cercle d’amis parisiens, homosexuels, lui assure un avenir en société.
Le roman dans sa forme est quelque peu brouillon, tantôt c’est un récit adressé par le narrateur à son père ; tantôt une supplique par laquelle l’auteur parle à Elena, amie fidèle de l’adolescence ; tantôt un récit en je. Cette formulation n’aide pas à donner au roman une force qui emporte le lecteur. Mais le livre reste de bout en bout attachant, notamment quand le récit prend une teinte crépusculaire et nostalgique, en devenant un long adieu à l’enfance, à la jeunesse, à l’amitié.




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