Critique
Alors, je lui ai parlé de la théorie de la tache – ma métamorphose du désir. Au départ, la tache est minuscule, un petit point imperceptible, mal placé – exactement comme une éclaboussure de sauce tomate sur un chemisier blanc, inévitable, pile à l’endroit du cœur. Le désir, c’est cette tache qui apparaît là où elle fait mal. Plus on essaie de l’enlever, plus on frotte, et plus la tache augmente. Elle devient une obsession, visible de tous, jusqu’à être indélébile, Jusqu’à faire partie de nous. La résistance ne fait qu’augmenter le désir. Il prend possession de nous. (p. 55)
Emma quitte son mari Olivier et ses trois enfants pour un coup de foudre du nom d’Alexandre. Une rencontre imprévue dans un bar, un seul regard a suffit. Emma était heureuse auprès d’Olivier. Ensemble, ils ont vécu des moments difficiles mais ils les ont surmontés en faisant face à LA maladie. La culpabilité s’immisce dans l’esprit d’Emma mais elle estime qu’elle a assez donné de sa vie pour son mari et ses enfants ; elle peut s’octroyer une nouvelle vie pour elle.
La décision de partir étant prise, la première partie du roman s’achève sur un coup de théâtre à couper le souffle. L’histoire est découpée en trois parties . La deuxième est axée sur la réflexion et la troisième exprime tous les possibles qui restent dans la vie d’une personne et les choix que l’on doit faire, que l’on veut faire ou que l’on peut réaliser.
J’ai acheté ce livre lors de la foire du livre de Bruxelles en mars dernier. J’ai eu la chance de pouvoir parler un instant avec Grégoire Delacourt, qui me l’a dédicacé. Pendant ce court instant de complicité entre un auteur et sa lectrice, je lui ai confié dans quelle situation j’avais lu La liste des mes envies et là, nous nous sommes compris! Cet auteur a une immense sensibilité et une maestria bien plus grande encore pour la transmettre.
Puis sa tête retombe sur le côté, creuse l’oreiller. Il a la beauté qu’on rêvait au dormeur de Rimbaud.
La nuit, dehors, assoupie et profonde.
Il n’y a pas de vent. Les criquets ne stridulent plus.
Il règne un silence terrifiant, inhumain, lorsque les braises de son souffle s’apprêtent à s’éteindre. (p. 323)
Jacqueline




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