Critique
Lors d’une rencontre à la librairie Tropismes à Bruxelles il s’est expliqué sur ce point. Lui, le philosophe qui ne croyait en aucun dieu, s’est remis en question suite à cette nuit incandescente, comme il la nomme. Il précise toutefois que la présence ressentie dans son plus grand moment de solitude peut être définie par chacun, comme bon lui semble. Dieu n’a pas un seul nom, il peut être simplement Croyance. Depuis ce jour, il se sent accompagné.
Il a mis le temps pour pouvoir mettre à plat son récit qui n’est nullement une fiction. Le lecteur pourrait le croire tant ce récit est bien construit et présenté avec des phrases dont seul Éric-Emmanuel a le secret.
Un passage extrait de la page 59 (Abayghur étant le guide du groupe):
Sitôt arrivé, Abayghur, lui, avait allumé un feu de camp. Je pensais qu’il allait servir le thé – les trois tasses rituelles – mais, concentré, il s’était lavé méticuleusement les mains et avait versé de la farine et de l’eau dans une écuelle. Donald m’adresse un clin d’œil.
– Il va faire du pain.
-Pardon? Comment pourrait-il faire du pain ici, sans four?
-Regarde, il va en bâtir un.Quand Abayghur eut pétri le mélange jusqu’à ce qu’une pâte compacte, élastique, glissât entre ses doigts, il lui donna la forme d’une galette.
Revenant au foyer, il creusa un espace au milieu du sable et lelissa avec le socle de sa cuvette.
A l’aide de brindilles enflammées, il brûla lestement la surface de la pâte.
-Ainsi, le sable ne s’y accrochera pas, me souffla Donald.
Il déposa sa préparation au fond du trou, la recouvrit de sable, puis y appliqua des braises.
En chantonnant, illaissa cuire sa galette quinze minutes puis recreusa pour la retourner. Il patienta de nouveau quinze minutes, et exhiba un pain solide et croustillant.




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