Critique
« Il est passé par ici, il repassera par là … ». Cette chanson enfantine m’a poursuivie lors de la lecture de « La Bénédiction inattendue » de Yoko OGAWA, née en 1962 et résident au Japon.
Ce livre est composé de sept « nouvelles » mais qui composent un roman. Soit un roman divisé en sept chapitres avec des approches différentes et à des époques différentes. Rencontres momentanées ou récurrentes, disparitions subites, décès d’un frère à 21 ans dans des circonstances troublantes, frère qui reparaîtra mais est-ce lui ? On retrouve Anastasia (la princesse Romanov) dans un hôpital japonais, un vieux monsieur dont les poches surmultipliées de ses vêtements contiennent les livres de l’écrivaine, une servante Kiriko bien délurée … on en finit pas, tant les personnages sont surprenants et apportent de multiples couleurs aux « nouvelles – roman ».
Une écriture poétique, tout en douceur, saupoudrée d’événements surprenants. Surveillez les papillons …
A découvrir en se laissant guider par la magie de l’écriture.
Quelques extraits pour happer le lecteur :
Lorsque mon regard s’abaissa, je me rendis compte qu’il y avait une tache jaune sur le cou du vieillard. Elle s’étendait de la base du lobe de son oreille gauche presque sous le menton. Elle était jaune comme une mangue et toute lisse, comme si cet endroit seul avait oublié de vieillir.
En regardant bien, je vis qu’elle avait la forme d’un papillon. Aux ailes symétriques, traçant une courbe subtile, et il y avait même deux antennes. Comme si un véritable papillon s’était posé sur son cou, y trouvant juste assez d’ombre pour s’abriter (p. 152)(Dans une bibliothèque)
Pourquoi les empruntez-vous, alors que vous les avez déjà tous ?
Selon l’endroit où ils sont conservés, les mêmes livres n’ont pas le même aspect, vous savez. Ils aspirent l’atmosphère, les bruits et les odeurs de l’endroit et ils ont leur propre fermentation. C’est pour cela que vous me voyez emprunter vos livres tant de fois, fanfaronna-t-il avant de s’asseoir sur le rebord du massif pour remettre les livres en ordre sur ses genoux. (p. 112)

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