Critique
Après avoir survécu à ce dramatique événement, l’illustratrice dessine en un album très attachant son long parcours pour retrouver une certaine « légèreté » dans l’existence.
Elle revient sur son entrée dans l’équipe des rédacteurs du journal satirique. Elle décrit les moments qui ont précédé son arrivée sur les lieux du drame, quelques heures auparavant. Elle fait part de son sort terrible : être la rescapée d’une tragédie durant laquelle tous ses collègues et amis ont péri.
Comment vivre après
Comment survivre pendant de longues heures, de nombreux mois avec un véritable traumatisme ? Avec la jeune femme, « héroïne » malgré elle de cette histoire, nous passons par les différentes étapes d’une lente résurrection.
La violence du choc, l’hébétement, le stress immense, l’état de dissociation mentale qui s’ensuit. La personne ne ressent plus rien, perd la mémoire, les sensations. La survivante est sous anesthésie sensorielle et mémorielle, dans une attitude désespérée de survie. Sinon, c’est la folie… Elle est spectatrice de son malheur, sans vraiment croire le vivre.
«Je suis tout aussi morte que mes amis, ou ils sont tout aussi vivants que moi».
Voir la beauté de l’art
Reste à suivre un long chemin pour retrouver le goût de vivre, des sentiments, une sensation, une pulsion de vivre. Des proches l’accompagnent, une amie l’assiste, des gardes du corps la surveille… La voie à suivre ? Reprendre goût à la vie grâce à la beauté de l’art. Passées les promenades dans la nature ou les retrouvailles avec un pays d’enfance (le « lieu sûr », p. 72), c’est la rencontre difficile, patiente avec des œuvres d’art qui la sauve. L’auteur aspire à connaître le « syndrome de Stendhal », une sorte de sidération artistique, un choc culturel que connut le romancier en Italie devant la beauté des peintures de la Renaissance. Un choc, sublime, pour guérir d’un traumatisme affreux. Choc et contre-choc.

C’est au détour d’une visite au Louvres que la jeune femme connaîtra un renouveau à la vue d’un tableau du Caravage. « La diseuse de bonne aventure », rare scène de genre représentée par le peintre, alors qu’on lui connaît des peintures plus violente. L’œuvre illustre un bon présage, la prédiction d’un avenir meilleur dont profiterait Catherine Meurisse. Même si le tableau du maître italien montre une femme qui profite de la circonstance pour dérober au gentilhomme sa bourse… Étonnant !





Host Christian –
Commentaires bien illustrés, très agréable découverte.