Critique
La mise à nu des époux Ransome est la chronique de la vie d’un couple sans enfant. Leur passion commune pour l’œuvre de Mozart est le ciment de leur union. Monsieur est avoué et Madame, femme au foyer. Assez snobs, leur habitat près de la City oblige, ils n’ont pas de vie sociale.
Un soir de retour de Così fan Tutti, l’opéra préféré de Monsieur, ils trouvent leur appartement vide. La chaîne stéréo, les meubles, les anneaux de rideaux avec leurs rideaux, sans mentionner les papiers de la maison s’étaient envolés avec les voleurs qui avaient poussé leur conscience professionnelle jusqu’à démonter le porte-rouleau du papier W.C.
« Il n’y avait plus un seul bout de papier dans l’appartement, en dehors du programme du Così. En le lui passant par l’entrebâillement de la porte, Mrs Ransome remarqua, non sans une certaine satisfaction, que son mari allait devoir s’essuyer le derrière avec un portrait de Mozart.
Aussi rigide que malaisée à manipuler, la brochure en papier glacé (sponsorisée par la banque Barclay’s) était d’un contact peu agréable et se révéla inévacuable après usage. Mr Ransome eut beau tirer la chasse à trois reprises, le regard farouche de Sir Georg Solti continua de le fixer d’un air désapprobateur au fond de la cuvette » (p.23)
Mrs Ransome fera face à la situation. Elle commencera par acheter quelques meubles, ainsi elle redécouvrira son quartier dont la population et le langage ont changé. Elle prend son mal avec philosophie. Le lecteur, au fur et à mesure de sa lecture, apercevra que la narration met à nu les failles du couple.
La traduction remarquable de Ménard rend le mordant certain, néanmoins poli par la suave ironie qui caractérise l’œuvre prolifique d’Alan Bennett.
Grâce à ces caractéristiques, cette mise à nu des époux Ransome nous tend un miroir agréable à regarder même si les images sont finalement tristes, celles d’un couple qui est passé à côté de leur amour.




Avis
Il n’y pas encore d’avis.