Critique
Si vous avez peur de vous enliser dans les étendues romanesques de « Guerre et Paix », ce qui peut se comprendre, car Napoléon et Hitler s’y sont perdus dans ces territoires froids et immenses. Si la « Sonate à Kreutzer » vous semble bizarre, car c’est aussi un titre d’une sonate de Beethoven.
Alors commencez par un court roman, « La mort d’Ivan Ilitch ». Vous rentrerez dans une subtile description de l’évolution d’une maladie mortelle d’un magistrat et des réactions de ses proches qui vont révéler tous les calculs d’avancement ou d’héritages. Et pendant ce temps-là, Ilitch est face à lui-même, retourne sa vie pour y trouver un sens. Seul un serviteur paysan lui sera une présence réconfortante quoiqu’artificielle.
Réflexion désabusée du mourant :
« Et plus sa mémoire s’éloignait de l’enfance, plus elle se rapprochait du présent, et plus ses joies devenaient insignifiantes et douteuses ? Cela commençait avec l’école de droit. Il y avait encore quelque chose de vraiment bon : il y avait de la gaieté, il y avait de l’amitié, il y avait des espérances. Mais dans les classes supérieures ces moments heureux se faisaient plus rares. Ensuite, lors du premier service auprès du gouverneur, il y avait encore de bons moments, son amour pour sa femme. Puis tout cela se mélangeait, et le bon diminuait encore. Plus on avançait, plus le bon se faisait rare.
Le mariage … un hasard, la désillusion, la mauvaise haleine de sa femme, le sexe, l’hypocrisie ! »




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