Critique
Oscy, Hermie et Benjie ont 15 ans en 1942. Ils passent les vacances d’été sur l’île de Nantucket, dans l’océan Atlantique, aux États-Unis. Ils sont à la recherche de l’amour, en proie aux démons de la sexualité adolescente.
Alors que, de l’autre côté de l’océan, se déroule la deuxième guerre mondiale, les trois adolescents s’ennuient durant ces mois d’été. Ils sont bien décidés à passer à l’acte : tenir entre les mains une fille et devenir enfin adulte. Pour cela, ils ont pour livre de référence un manuel d’éducation sexuelle.
Oscy et Hermie rencontrent deux jeunes filles, les invitent au cinéma, leur fixent plus tard un rendez-vous dans les dunes pour, peut-être, une première expérience sentimentale et plus, si affinités.
Mais Hermie garde en tête une belle femme de 22 ans, croisée auparavant, qu’il revoit comme dans un rêve :
« Elle s’arrête sur la première des quatorze marches et se retourna. Dans son chandail trop grand, elle ressemblait à la petite fille aux allumettes. « Je vous demande pardon », dit Hermie, « mais je ne connais même pas votre prénom ». Sa réponse parut mettre une éternité à franchir l’espace qui les séparait.
– Dorothy. » (p.290)
Duo comique
Oscy et Hermie sont comme deux partenaires, l’un balourd et débrouillard, l’autre timide et rêveur . Soit le gros Sancho Panca qui accompagne don Quichotte, le chevalier poursuivant des chimères. Ils forment tous les deux un duo classique : on songe aussi au clown blanc et Auguste, Robert Mitchum flanqué de Jerry Lewis, etc. Les deux amis se complètent et constituent un ensemble parfois comique, tantôt dramatique, à la recherche d’une illusion, d’une « Dulcinée ».
Pourtant, un soir Hermie se rend à la petite maison sur la plage où habite Dorothy. Elle vient de recevoir de tristes nouvelles du front en Europe où son fiancé prenait part à la guerre. Étrangement, malgré la peine qu’elle endure, elle se donne au jeune homme avec, pour musique de fond, une ballade que reproduit un vieil électrophone. « That old feeling »…
Bien des années plus tard, Hermie revient sur place et se souvient des jours passés, des années perdues. Et il pleure.
Récit de formation
Roman d’apprentissage, éducation sentimentale : le propos est classique. Mais alternent de manière précise les scènes comiques, beaucoup d’humour et une tendre nostalgie qui font de ce récit une vraie comédie dramatique, de belle facture. Avec toujours beaucoup d’humanité dans le regard porté par l’auteur sur ses personnages dont, on s’en persuade vite, il fut l’un d’eux.
Herman RAUCHER a écrit également le scénario dont Robert Mulligan a tourné un film célèbre, avec la belle Jennifer O’Neill dans le rôle de Dorothy, et la musique originale de Michel Legrand pour bande-son.




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